La lutte contre les passoires énergétiques commence à produire des résultats concrets. Selon les derniers chiffres de l’Ademe, la France comptait au 1er janvier 2025 près de 3,9 millions de logements classés F ou G parmi les résidences principales. Cela représente 12,7 % du parc, un niveau en nette baisse par rapport aux années précédentes. En un an, ce sont 327 000 logements qui ont quitté les catégories les plus énergivores, et 836 000 en deux ans. Une dynamique encourageante, même si le défi reste considérable.
Cette amélioration s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la réforme du Diagnostic de Performance Énergétique a permis de mieux prendre en compte certaines caractéristiques des logements, notamment les petites surfaces, auparavant pénalisées. Ensuite, les obligations réglementaires qui pèsent sur les propriétaires, en particulier dans le parc locatif privé, ont accéléré les rénovations. Dans ce secteur, la part de passoires énergétiques est passée de 30,7 % à 29,3 % en un an. Si l’on élargit le regard à l’ensemble du parc immobilier français – résidences principales, secondaires et logements vacants – la tendance reste la même. Le nombre de passoires énergétiques s’établit à 5,4 millions, soit 14,4 % du parc, contre 15,6 % un an plus tôt. Autrement dit, la performance énergétique des logements s’améliore progressivement à l’échelle nationale.
Une nouvelle étape pourrait être franchie dès 2026. La révision du facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire, prévue au 1er janvier, devrait faire sortir environ 700 000 logements supplémentaires des classes F et G. Appliquée dès aujourd’hui, cette réforme ramènerait le nombre de passoires énergétiques des résidences principales à 3,2 millions, soit un peu plus de 10 % du parc. Malgré ces avancées, la route est encore longue. Près d’un logement sur huit reste mal isolé, avec des conséquences directes sur les factures d’énergie, le confort thermique et l’impact environnemental.